L’espoir, petit à petit !

Voilà déjà quarante ans qu’était publiée sous le titre Small Is Beautiful – une société à la mesure de l’homme, une série d’essais sur l’économie mondiale d’un certain Schumacher (Britannique d’origine allemande) dont les principaux thèmes portaient sur l’importance de l’échelle humaine, l’intégrité environnementale dans les décisions commerciales, l’utilisation des ressources naturelles, etc. Quand on regarde le chemin parcouru, on peut penser que ces préceptes ont eut du bon. De là à croire que toutes les recommandations ont été appliquées à la lettre, je n’en suis pas sûr, mais l’idée du « small is beautiful » tout azimut a fait au fil des ans des adeptes qui ont tendance parfois à manquer de discernement. À part les petits prix pour des grands vins, dont bien légitimement nous sommes toujours à l’affût, les petits nez qui hument tout aussi bien, même parfois mieux que les gros, les petits rendements de vin grâce à des hautes densités de plantation, les petits pots qui contiennent les meilleurs onguents, le Petit Prince, le petit Robert, la petite maison dans la prairie, les petites annonces et les petits frères des pauvres, la notion de petitesse n’est pas toujours garante de haute qualité.
Alors, pour commencer l’année sur une note légère, voici quelques réflexions, bien anodines me direz-vous, sur le sujet, suivies de petites nouvelles, porteuses d’espoir.

Les petites maisons
On dirait que certains se sont mis martel en tête en pensant non seulement que seules les petites exploitations viticoles faisaient du bon vin, et qu’en conséquence tout ce qui sortait des grandes était suspect. Un peu limite comme analyse surtout quand on sait que quoi que l’on fasse, faut-il encore avoir les moyens de ses ambitions.

Les p’tits ballons
Mi-janvier, j’arrive d’un voyage de presse (sur le renouveau du calvados) où dès mon arrivée à Deauville (une petite ville huppée et un peu snob de Normandie), direction une des bonnes brasseries du coin pour se sustenter. Encore une fois, les verres à vin dataient de la fin des années 1970 : des petits ballons de verre épais, au nom usurpé puisqu’ils sont trop lourds pour s’envoler… Le lendemain à Honfleur, ça ne s’est pas arrangé. Nous entrons dans un commerce censé mettre en valeur le calvados. Les verres à dégustation sont encore plus petits, plus épais et pas très clairs à force d’avoir servi. Et la petite madame dans sa petite boutique a eut la délicatesse de nous avouer en fin de parcours qu’elle dégustait habituellement dans des verres beaucoup plus grands et plus fins….Sympa !

Les petits chiens
« Oh comme il est mignon ! Oh comme il est cute dans sa petite pèlerine ! Et ce petit ruban bleu autour du cou, serait-ce un mâle par hasard ? On aurait presque envie de dire : « Oh comme il a les yeux de sa maîtresse ! quand il vous regarde la tête hors du sac vuitton de celle-ci! Et celui-là, un petit bouledogue tout ratatiné, comme il est beau, comme il ressemble à son maître ! Il en a la voix… et l’air, aussi aimable ! Il y en a huit qui se regardent dans le lobby de l’hôtel, mais pas en chien de faïence car c’est à qui se fera entendre le mieux. Vu les tarifs de l’établissement où je suis descendu, je ne serais pas surpris que la taille de ces charmants canidés soit inversement proportionnelle à celui du portefeuille de leurs propriétaires. Je m’inquiète pour leur confort mais on me rassure aussitôt : un petit nonos est là-haut qui attend.

Les p’tites années
Il y a ceux qui vantent haut et fort les mérites d’une grande année et rabaissent tout aussi vigoureusement la qualité des petits millésimes, sans faire objectivement la part des choses. Toutefois, et c’est rassurant, il n’y aura pas de château d’Yquem 2012, tout comme en 1952, 1972, 1992… et 2032 ! C’est cyclique voilà tout !

Les petites nouvelles, porteuses d’espoir
Elles nous arrivent par ci par là, en vrac ou formatées, ces petites nouvelles qui portent peut-être en elles beaucoup d’espoir.

– Le 12 décembre dernier, une centaine de députés français ont déposé à l’Assemblée Nationale « une proposition de loi visant à ce que le vin français fasse partie intégrante du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France ». Il serait bien temps de pousser la loi Évin!

– La construction à Bordeaux de la Cité des Civilisations du Vin a été confirmée avec l’octroi d’une subvention du Comité Régional de Programmation des Fonds Européens.

– Depuis le 15 décembre dernier, la chaîne internationale de la vigne et du vin, Edonys, diffuse du Luxembourg ses premiers programmes télévisés. Clientèle visée : les Suisses et les Belges, puis, s’ils sont sages… les Français.

– Les Brésiliens vont enfin arrêter l’utilisation de l’appellation champagne pour leurs vins effervescents. Aux Russes et aux Américains d’en faire autant !

– Le départ du Wine Advocate Robert Parker et la vente partielle de son entreprise. Vive les vacances, entre Monkton et Singapour !

– L’importance grandissante des vins bios (nouvelle réglementation, nouvelles pratiques œnologiques, nombreux salons). Vivement que l’on puisse dire : « Tout le monde il est bio, tout le monde il est gentil ! »

– Le contrôle douanier à Dorval : on sépare enfin aux arrivées internationales les visiteurs des résidents canadiens. La machine fait son travail et c’est efficace. Youppie !