Des nouvelles de Vinexpo et de la planète-vin

Malgré les communiqués de presse envoyés par la direction de Vinexpo, relayés ensuite par la Sopexa, des esprits chagrins laissent à entendre que l’événement bordelais qui a accueilli 2 400 exposants, n’aurait pas tenu ses promesses. Avec 48 800 visiteurs nous dit-on, il paraît que beaucoup d’exposants souffraient d’un manque de clientèle, que les allées étaient vides et que de nombreux problèmes étaient évidents en ce qui concerne les accès et les infrastructures. Je n’ai pas dû assister au même salon…
J’ai plutôt eu l’impression que ça se bousculait quelque peu au portillon. Il fallait prendre rendez-vous, certains kiosques étant toujours occupés. J’ai pu constater combien les dégustations et les conférences ont remporté un beau succès, et pour m’être rendu au salon des vins bios qui était installé de l’autre côté du Lac, disons qu’il y avait beaucoup de visiteurs occupés à découvrir ce qui fait la tendance en ce moment.
Et ce n’est pas parce que quelques grandes maisons, françaises notamment, n’ont pas répondu à l’appel, tout comme les années passées, que Vinexpo n’est pas un salon intéressant pour les affaires. Roederer n’était pas là, mais Deutz, sa maison-sœur, a connu je crois une très bonne affluence. Et puis, il y aura toujours ceux qui « tiennent Salon » dans les allées du salon.
C’est vrai toutefois, et c’est ainsi depuis le début, que les gens semblent se concentrer dans le hall principal, boudant les extrémités qui sont très éloignées. C’est vrai aussi que certains producteurs font déguster leurs vins à la mauvaise température, mais c’est peut-être à eux d’y voir.
En parlant de température justement, les organisateurs n’ont pas été gâtés de ce côté-là. Après une inauguration sous la canicule, Bordeaux a presque été engloutie sous des milliers d’hectolitres de pluie. À Vittel ou à Évian, ça passe, mais à Bordeaux, c’est embêtant pour l’image de la ville. Le garage de mon hôtel était pour ainsi dire impraticable, et c’était plus compliqué pour se rendre au parc des expositions. Merci la pluie!

Ça va mal!
On dit que les Français, en plus d’être en récession, sont quasiment en dépression. C’est vrai qu’en plus de traverser des moments difficiles avec l’économie, les finances, l’emploi et le chômage, les errements de certains responsables politiques et les scandales de toutes sortes (il n’y a pas que chez eux…), ils ne l’ont pas eu facile côté météo, tout comme les autres Européens précisons le. Et le vin dépend du vignoble qui dépend du climat. Si bien que l’on se demandait encore début juin quand allait apparaitre la fleur de vigne, prémisse d’une bonne récolte 100 jours plus tard.
Au même moment, de violents orages de grêle s’abattaient sur la commune de Vouvray. Les deux-tiers du vignoble ont été touchés en une dizaine de minutes. Avec des bois cassés, pour ne pas dire hachés menu par des grêlons énormes, certains ont tout perdu. Pas facile tout ça !
Et voilà que l’on apprend, d’après les observations de la Direction Générale de l’Alimentation, que près des trois-quarts du vignoble français seraient touchés par des maladies du bois, telles que l’esca par exemple, une maladie cryptogamique due à des champignons parasites. D’après cette étude de terrain sur 700 parcelles françaises, « le taux moyen de ceps improductifs au vignoble est de l’ordre de 12% » comme le signale l’excellent site Vitisphère. Et je ne vous parle pas des procédures antidumping du Ministère Chinois du Commerce que les autorités françaises et européennes tentent de faciliter en aidant les exportateurs de vins en Chine dans des démarches compliquées et à très court terme pour qu’ils puissent tirer leur épingle du jeu.

Ça va bien!
Parmi toutes les belles soirées dans les châteaux au cours de Vinexpo, je veux citer le rendez-vous très couru au Domaine de Chevalier en compagnie de producteurs de haute volée, la verticale sur 15 ans à Haut-Bailly de ce grand cru de Pessac-Léognan depuis 1998, et château Mouton qui inaugurait ses nouveaux chais, avec notamment une quarantaine de cuves en bois fabriquées par Séguin-Moreau et équipées de deux douelles transparentes pour mieux suivre le travail de vinification. Il fallait y penser!
Ajoutons à cela l’annonce de la mise en vigueur une bonne fois pour toutes de la dénomination IGP (Indication Géographique Protégée) pour les anciens vins de pays français, l’encadrement des droits de plantation que réclamaient depuis longtemps nombre d’intervenants de la filière vitivinicole. Sans oublier mais c’est à regarder de plus près, le gouvernement canadien qui met en place une réglementation visant à restreindre la définition des vins de glace. Enfin, pensons à l’avenir et à cette Cité des Civilisations du Vin, qui devrait voir le jour en 2016, et dont la première pierre a été posée au cours de la semaine de Vinexpo.

Ma petite rubrique prix comparés
Rencontrée à Vinexpo au cours d’un déjeuner de presse une responsable des magasins Duty Free de Roissy Charles de Gaulle qui me confirmait la politique de ses patrons qui ne sont pas du tout gênés de vendre à gros prix les vins, champagnes et autres spiritueux. Pour la simple et bonne raison que ça marche… Les voyageurs croient encore aux miracles et pensent profiter de super aubaines. Et puis, j’arrive d’Écosse où le Glenfiddich 12 ans, à quantité égale, est 8,25$ plus cher à la distillerie et 12$ plus dispendieux dans les boutiques d’Édimbourg. Et parmi d’autres, l’excellent blend Té Bheag au même prix ici qu’à la maison mère, située sur l’envoûtante île de Skye où je l’ai dégusté. Pour se consoler…